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Cabinet Levy & Associés, expert-comptable à Lyon

Fiscalité dirigeant

Dividendes ou salaire : l'arbitrage chiffré pour un dirigeant en 2026

Par Marie-France Levy, expert-comptable · Publié le · Mis à jour le

En résumé

Pour 100 € de bénéfice avant rémunération, le salaire d'un président de SASU laisse environ 55 € nets avant impôt sur le revenu et ouvre des droits sociaux ; les dividendes laissent environ 59,50 € après IS à 15 % et flat tax de 30 %, sans droits. En EURL, la rémunération du gérant laisse environ 69 € nets. L'arbitrage optimal combine une rémunération suffisante pour la protection sociale et des dividendes pour l'excédent, recalculé chaque année.

Arbitrage dividendes ou salaire calculé pour un dirigeant de société lyonnaise

Dividendes ou salaire : la question est posée à chaque bilan par tout dirigeant de société, et la réponse « les dividendes, c'est moins de charges » est fausse dans la majorité des cas. Le bon arbitrage dépend du statut du dirigeant, du niveau de bénéfice, du taux d'IS applicable, de la protection sociale souhaitée et, en EURL ou SARL, du seuil de 10 % du capital. Voici le calcul complet, aux règles 2026, avec deux exemples.

Les trois circuits de l’argent

Pour comparer, il faut partir du même point : 100 € de bénéfice avant toute rémunération du dirigeant, et suivre chaque euro jusqu’à sa poche, avant impôt sur le revenu.

CircuitÉtapesNet avant IR (ordre de grandeur 2026)Droits sociaux
Salaire du président de SASU/SASCotisations patronales et salariales ≈ 45 % du coût total≈ 55 €Retraite de base et complémentaire, prévoyance, indemnités journalières
Rémunération du gérant d’EURL/SARL majoritaireCotisations TNS ≈ 31 % du coût total≈ 69 €Retraite de base et complémentaire des indépendants, indemnités journalières après un an
Dividendes (SASU/SAS)IS 15 % (jusqu’à 42 500 €) puis PFU 30 %≈ 59,50 €Aucun
Dividendes (SASU/SAS) au-delà de 42 500 € de bénéficeIS 25 % puis PFU 30 %≈ 52,50 €Aucun
Dividendes du gérant d’EURL au-delà de 10 % du capitalIS puis cotisations TNS puis PFU≈ 40 €Partiels

Deux constats. En EURL, la rémunération bat les dividendes dans presque tous les cas. En SASU, les dividendes battent le salaire de peu sur le net immédiat tant que l’IS reste à 15 %, mais sans aucun droit social ; au-delà de 42 500 € de bénéfice, le salaire redevient compétitif.

L’impôt sur le revenu change la conclusion

Le salaire est imposé au barème après abattement de 10 % ; les dividendes au PFU de 12,8 % (ou au barème après 40 % d’abattement). Pour un foyer à 30 % de tranche marginale, 100 € de salaire net supportent 27 € d’impôt, 100 € de dividendes bruts 12,8 € (déjà inclus dans les 30 %). Cet écart favorise les dividendes pour les foyers fortement imposés, et le salaire pour les foyers faiblement imposés, qui peuvent en outre opter pour le barème sur les dividendes.

Exemple 1 : 50 000 € de bénéfice avant rémunération, SASU

Tout en salaire : coût total 50 000 €, salaire brut ≈ 38 500 €, net ≈ 30 000 €, IS 0. Droits retraite complets.

Tout en dividendes : IS 15 % = 7 500 €, distribuable 42 500 €, PFU 30 % = 12 750 €, net 29 750 €. Aucun droit.

Mixte, salaire à 24 000 € brut (≈ 31 000 € de coût) + dividendes : net salarial ≈ 18 700 €, bénéfice restant 19 000 €, IS 2 850 €, distribuable 16 150 €, PFU 4 845 €, dividendes nets 11 305 €. Total net ≈ 30 000 €, avec quatre trimestres de retraite validés et une couverture prévoyance.

À ce niveau, le mixte fait jeu égal sur le net et l’emporte sur la protection. C’est notre recommandation habituelle.

Exemple 2 : 100 000 € de bénéfice avant rémunération, SASU

Tout en salaire : net ≈ 60 000 €, IS 0, cotisations élevées mais retraite maximale.

Tout en dividendes : IS 15 % sur 42 500 € = 6 375 € et 25 % sur 57 500 € = 14 375 €, distribuable 79 250 €, PFU 23 775 €, net 55 475 €. Aucun droit.

Mixte, salaire à 45 000 € brut (≈ 58 000 € de coût) + dividendes : net salarial ≈ 35 000 €, bénéfice restant 42 000 €, IS 6 300 €, distribuable 35 700 €, PFU 10 710 €, dividendes nets 24 990 €. Total ≈ 60 000 €, avec une retraite substantielle et le taux réduit d’IS pleinement utilisé.

Le mixte optimise ici l’IS (le salaire absorbe la tranche à 25 %) tout en conservant des droits.

Le cas de l’EURL et de la SARL

Le gérant majoritaire est TNS : sa rémunération coûte moins de cotisations que le salaire d’un président de SASU, et ses dividendes au-delà de 10 % du capital et du compte courant sont soumis aux cotisations. La rémunération est donc presque toujours préférable, sauf pour la fraction de dividendes sous le seuil des 10 %. Un gérant avec 10 000 € de capital et 30 000 € de compte courant peut percevoir 4 000 € de dividendes par an sans cotisations : c’est l’intérêt d’un capital et d’un compte courant bien dimensionnés, comme l’explique compte courant d’associé : mode d’emploi.

Les critères qui déplacent le curseur

  • La protection sociale : un dirigeant sans autre couverture, avec des enfants, a besoin d’une rémunération.
  • La retraite : chaque année sans rémunération est une année sans trimestre ; rattraper coûte cher.
  • Le taux d’IS : le salaire absorbe utilement la tranche à 25 %.
  • La tranche d’IR du foyer : les dividendes au PFU favorisent les foyers fortement imposés.
  • La trésorerie de la société : les dividendes ne se décident qu’après la clôture, sur le bénéfice distribuable ; le salaire se paie chaque mois.
  • Les projets : un prêt immobilier personnel se négocie mieux avec des bulletins de salaire qu’avec des dividendes.
  • La holding : si les dividendes remontent dans une holding en régime mère-fille, le PFU disparaît, voir holding patrimoniale : quand le montage est rentable.

Les erreurs à éviter

  • Choisir la SASU pour les dividendes puis découvrir l’absence de droits, comme l’explique SASU ou EURL : le comparatif chiffré.
  • Décider en janvier pour toute l’année sans revoir en pré-clôture.
  • Distribuer plus que le bénéfice distribuable : distribution fictive, responsabilité du dirigeant.
  • Oublier l’acompte de PFU : la société prélève 30 % à la source lors du versement des dividendes.
  • Ignorer les cotisations minimales de l’EURL même sans rémunération.

Ce que fait le cabinet

Le Cabinet Levy & Associés simule chaque année, en pré-clôture puis à l’assemblée, l’arbitrage salaire / dividendes sur le bénéfice réel, la situation fiscale du foyer et les objectifs de protection sociale ; la simulation est écrite et incluse dans le forfait d’expertise comptable. Les leviers complémentaires sont décrits dans optimiser sa rémunération de dirigeant en 2026 et sur les pages gestion de patrimoine du dirigeant et optimisation fiscale à Lyon. Les freelances et les dirigeants de holdings trouveront dans leurs pages les particularités de leur situation.

Questions fréquentes

Les dividendes sont-ils soumis aux cotisations sociales ?

En SAS et SASU, non : ils supportent le prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux) ou le barème sur option. En SARL et EURL, la fraction des dividendes perçus par le gérant majoritaire qui dépasse 10 % du capital, des primes d'émission et du compte courant est soumise aux cotisations sociales des indépendants, en plus de l'imposition.

Un dirigeant peut-il ne se verser que des dividendes ?

Oui, légalement. Mais sans rémunération, il n'acquiert aucun droit à la retraite ni aux indemnités journalières, et il ne bénéficie pas des tranches basses du barème de l'impôt sur le revenu. En EURL, il paie malgré tout les cotisations minimales. Cette stratégie n'est cohérente que pour un dirigeant déjà couvert par ailleurs ou retraité.

Le salaire est-il déductible du bénéfice de la société ?

Oui, la rémunération du dirigeant et les cotisations sociales sont des charges déductibles qui réduisent l'IS. Les dividendes, eux, sont prélevés sur le bénéfice après IS. C'est pourquoi la comparaison doit se faire à bénéfice avant rémunération égal, en incluant l'IS dans le scénario dividendes.

Le PFU ou le barème pour les dividendes ?

Le PFU de 30 % s'applique par défaut. Sur option globale (pour tous les revenus de capitaux mobiliers de l'année), le barème progressif s'applique après un abattement de 40 %, avec 17,2 % de prélèvements sociaux et une CSG déductible de 6,8 %. Le barème est favorable aux foyers dont la tranche marginale est de 0 % ou 11 %, parfois 30 % ; le PFU au-delà.

À quel moment décider ?

La rémunération se fixe en cours d'année (bulletin mensuel en SASU, décision en EURL) ; les dividendes se décident à l'assemblée d'approbation des comptes, dans les six mois de la clôture, sur le bénéfice distribuable. L'arbitrage se prépare donc en pré-clôture (novembre) et se finalise à l'assemblée (mai-juin), avec des acomptes sur dividendes possibles en cours d'exercice sous conditions.

Marie-France Levy

Expert-comptable inscrite au tableau de l'Ordre · Cabinet Levy & Associés, Lyon 6e

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