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Barème kilométrique 2026 : le tableau complet et le calcul de vos indemnités
Par Marie-France Levy, expert-comptable · Publié le · Mis à jour le
En résumé
Le barème kilométrique permet de déduire ou de rembourser les frais d'usage d'un véhicule personnel à des fins professionnelles, selon la puissance fiscale et le kilométrage annuel : pour une voiture de 5 CV, 0,636 € par km jusqu'à 5 000 km, puis 0,357 € × km + 1 395 € de 5 001 à 20 000 km, puis 0,427 € par km au-delà (barème inchangé depuis 2023, majoré de 20 % pour les véhicules électriques ; barème 2026 à vérifier à sa publication).
Le barème kilométrique est l'outil le plus utilisé et le plus mal appliqué par les dirigeants de TPE : il permet de faire prendre en charge par l'entreprise, sans TVA ni avantage en nature, les kilomètres professionnels parcourus avec un véhicule personnel. Cet article donne le tableau complet applicable aux revenus 2025 déclarés en 2026, signale ce qui pourrait changer, explique les conditions et propose un exemple de calcul pour un dirigeant lyonnais.
Le tableau des voitures (barème inchangé depuis 2023, applicable sauf nouvel arrêté)
| Puissance fiscale | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
« d » est la distance professionnelle annuelle en kilomètres. Les véhicules électriques bénéficient d’une majoration de 20 % du montant obtenu. Une voiture de 5 CV parcourant 12 000 km professionnels donne (12 000 × 0,357) + 1 395 = 5 679 €.
Les deux-roues
| Type | Jusqu’à 3 000 km | De 3 001 à 6 000 km | Au-delà de 6 000 km |
|---|---|---|---|
| Cyclomoteur (moins de 50 cm³) | d × 0,315 | (d × 0,079) + 711 | d × 0,198 |
| Moto 1 ou 2 CV | d × 0,395 | (d × 0,099) + 891 | d × 0,248 |
| Moto 3, 4, 5 CV | d × 0,468 | (d × 0,082) + 1 158 | d × 0,275 |
| Moto plus de 5 CV | d × 0,606 | (d × 0,079) + 1 583 | d × 0,343 |
Les tranches des deux-roues (3 000 et 6 000 km) diffèrent de celles des voitures. La majoration électrique de 20 % s’applique aussi.
Les trois usages du barème
1. Le remboursement par l’entreprise. Un dirigeant assimilé salarié (président de SAS ou SASU, gérant minoritaire) ou un salarié qui utilise son véhicule personnel pour des déplacements professionnels se fait rembourser par la société sur la base du barème : la somme est une charge déductible pour la société et n’est ni imposable ni soumise à cotisations pour le bénéficiaire, dans la limite du barème et sur justificatifs. C’est l’alternative au véhicule de société, comparée dans véhicule de société : ce qui est déductible.
2. La déduction en BNC. Un professionnel libéral (ou un gérant d’EURL en BNC) qui utilise son véhicule personnel peut, sur option annuelle, déduire ses frais de véhicule selon le barème au lieu des frais réels, à condition que le véhicule ne soit pas inscrit à l’actif. L’option couvre l’ensemble des véhicules de l’année.
3. Les frais réels du salarié. Un salarié ou un dirigeant assimilé qui opte pour les frais réels sur sa déclaration de revenus, au lieu de l’abattement de 10 %, évalue ses trajets domicile-travail et professionnels selon le barème.
Exemple : un consultant lyonnais en SASU
Véhicule personnel de 6 CV, 9 000 km professionnels par an (déplacements chez des clients de la Métropole et du Nord-Isère, hors trajets domicile-bureau), 450 € de péages et 300 € de stationnement en mission.
Indemnités selon le barème : (9 000 × 0,374) + 1 457 = 4 823 €. Péages et stationnement ajoutés sur justificatifs : 750 €. Total remboursé par la société : 5 573 € dans l’année, déductibles du résultat (économie d’IS de 836 € à 15 %), non imposables pour le dirigeant, sans cotisations, sans avantage en nature, sans taxe sur les véhicules de société. Le relevé kilométrique mensuel et les tickets sont conservés au dossier.
Le même consultant avec une voiture de société thermique à 35 000 € aurait supporté un avantage en nature de l’ordre de 3 150 € par an (9 % du prix), des cotisations dessus, et la société deux taxes annuelles et un amortissement partiellement non déductible. Pour ce kilométrage, le barème gagne nettement.
Les conditions à respecter
- Un véhicule personnel : dont le dirigeant ou le salarié est propriétaire, locataire ou détenteur (véhicule du conjoint admis sous conditions), non inscrit à l’actif de l’entreprise.
- Des déplacements professionnels : clients, fournisseurs, chantiers, formations, hors trajets domicile-lieu habituel de travail pour les remboursements par l’entreprise.
- Un relevé daté, avec motif, lieu et distance, tenu au fil de l’eau (une application ou un tableau suffit).
- Le barème de l’année, avec la puissance fiscale exacte de la carte grise.
- Pas de double prise en charge : carburant, entretien ou assurance payés par l’entreprise en plus du barème constituent un avantage imposable.
Les erreurs à éviter
- Rembourser des kilomètres sans relevé : rejet en contrôle URSSAF avec cotisations sur trois ans.
- Inclure les trajets domicile-bureau dans les remboursements par l’entreprise.
- Utiliser une puissance fiscale supérieure à celle de la carte grise.
- Cumuler barème et frais réels de carburant.
- Oublier la majoration électrique de 20 %, avantageuse.
- Appliquer le barème en micro-entreprise : impossible, l’abattement forfaitaire couvre tout.
Ce que fait le cabinet
Le Cabinet Levy & Associés met en place le relevé kilométrique, calcule les indemnités selon le barème de l’année, les intègre à la comptabilité et à la paie, et compare chaque année le barème au véhicule de société. La mission s’inscrit dans l’optimisation fiscale à Lyon et dans les leviers décrits dans optimiser sa rémunération de dirigeant. Les chauffeurs VTC et transporteurs, dont le véhicule est l’outil de travail, relèvent de règles différentes décrites sur leur page ; les freelances sont les premiers utilisateurs du barème. Les autres paramètres de l’année figurent dans les chiffres clés de la paie 2026.
Ce qu’il faut retenir
Le barème kilométrique rémunère l’usage professionnel d’un véhicule personnel selon sa puissance fiscale et le kilométrage annuel, avec trois tranches et une majoration de 20 % pour l’électrique ; il n’a pas été revalorisé depuis 2023 et le barème 2026 sera intégré dès sa publication. Il couvre l’amortissement, l’entretien, le carburant et l’assurance, mais pas les péages ni le stationnement, qui s’ajoutent sur justificatifs. Ses trois usages (remboursement par l’entreprise, déduction en BNC, frais réels du salarié) ont chacun leurs conditions ; le remboursement par l’entreprise est le plus avantageux pour un dirigeant assimilé salarié, sans TVA, sans avantage en nature ni taxe annuelle, à condition de tenir un relevé kilométrique daté et motivé. Pour un kilométrage professionnel modéré, il l’emporte sur le véhicule de société thermique ; pour un gros rouleur ou un électrique, la comparaison se fait chiffre par chiffre, ce que le cabinet réalise avant l’achat.
Questions fréquentes
Qui peut utiliser le barème kilométrique ?
Les salariés et dirigeants assimilés salariés qui optent pour les frais réels sur leur déclaration de revenus ; les entreprises qui remboursent à leurs salariés ou dirigeants les kilomètres professionnels parcourus avec un véhicule personnel (indemnités exonérées dans la limite du barème) ; les titulaires de BNC pour leur véhicule personnel ; les micro-entrepreneurs n'y ont pas droit (abattement forfaitaire).
Que couvre le barème ?
La dépréciation du véhicule, l'entretien, les pneus, le carburant, l'assurance. Il ne couvre pas les péages, le stationnement et les intérêts d'emprunt, qui peuvent être ajoutés sur justificatifs au prorata de l'usage professionnel. Une entreprise qui rembourse le carburant en plus du barème verse un avantage imposable.
Les trajets domicile-travail sont-ils professionnels ?
Pour un salarié ou un dirigeant assimilé aux frais réels, oui, dans la limite de 40 km par trajet (80 km aller-retour) sauf circonstances particulières justifiées. Pour un remboursement par l'entreprise, les trajets domicile-lieu de travail habituel ne sont en principe pas des déplacements professionnels remboursables ; les déplacements vers les clients le sont.
Quels justificatifs conserver ?
Un relevé kilométrique daté indiquant pour chaque déplacement la date, le motif, le lieu et la distance, la carte grise du véhicule (puissance fiscale, propriétaire) et, pour les frais ajoutés, les tickets de péage et de stationnement. En contrôle, l'absence de relevé entraîne le rejet des indemnités avec cotisations et impôt.
Le barème change-t-il chaque année ?
Il est fixé par arrêté, en principe chaque année ; il n'a pas été revalorisé depuis 2023, malgré l'inflation. Le barème applicable aux revenus 2025, déclarés en 2026, est celui présenté ici, sauf publication d'un nouvel arrêté que le cabinet intégrera dès sa parution.
Marie-France Levy
Expert-comptable inscrite au tableau de l'Ordre · Cabinet Levy & Associés, Lyon 6e
Publié le · Mis à jour le
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