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Cabinet Levy & Associés, expert-comptable à Lyon

Gestion & pilotage

Construire son prévisionnel de trésorerie : la méthode, avec le modèle du cabinet

Par Marie-France Levy, expert-comptable · Publié le · Mis à jour le

En résumé

Un prévisionnel de trésorerie liste, mois par mois sur douze mois, les encaissements attendus (ventes TTC selon les délais de paiement, apports, emprunts, subventions) et les décaissements prévus (achats et charges TTC, salaires et cotisations, TVA à reverser, impôts, échéances d'emprunt, investissements), et calcule le solde de trésorerie de fin de mois. Le modèle du cabinet intègre ces flux et signale les mois négatifs.

Modèle de prévisionnel de trésorerie sur douze mois rempli par un dirigeant de TPE

Un prévisionnel de trésorerie est le seul document qui répond à la question qui empêche un dirigeant de dormir : aurai-je de quoi payer les salaires et la TVA le mois prochain ? Le compte de résultat dit si l'entreprise gagne de l'argent ; le plan de trésorerie dit si elle en a. Cet article donne la méthode en six étapes et le modèle que le cabinet utilise avec ses clients lyonnais, à télécharger gratuitement.

Pourquoi le résultat ne suffit pas

Un commerce qui achète son stock de Noël en octobre, le paie en novembre et l’encaisse en décembre est rentable sur l’année et à sec en novembre. Une société de conseil qui facture 20 000 € par mois à des grands comptes payant à 60 jours attend deux mois son premier euro tout en payant ses salaires. Un artisan qui investit 30 000 € dans un véhicule en janvier et récupère la TVA en mars avance 5 000 € pendant deux mois. Dans les trois cas, le compte de résultat ne montre rien ; le plan de trésorerie montre tout.

La structure du modèle

Le modèle du cabinet est un tableau à douze colonnes (une par mois) et quatre blocs de lignes :

BlocLignesRègle
Trésorerie de début de moisSolde bancaire + caisse au premier jourReprend le solde de fin du mois précédent
EncaissementsVentes TTC encaissées (par catégorie de clients et délai), apports, emprunts reçus, subventions, remboursement de crédit de TVA, autresTTC, à la date d’encaissement réelle
DécaissementsAchats et charges TTC (par poste), salaires nets, cotisations sociales, TVA à reverser, IS et acomptes, CFE, échéances d’emprunt, investissements TTC, prélèvements du dirigeant, autresTTC, à la date de paiement réelle
Trésorerie de fin de moisDébut + encaissements − décaissementsAlerte si négatif

Les cellules de saisie sont identifiées ; les totaux et la TVA se calculent seuls.

Les six étapes pour le remplir

1. Partir du solde réel

Solde bancaire de tous les comptes professionnels plus la caisse, au premier jour du mois. Pas le solde comptable : le solde disponible.

2. Estimer les encaissements par catégorie de clients

Ventes prévues par mois (saisonnalité comprise), converties en encaissements selon le délai réel de chaque catégorie : comptant, 30 jours, 45 jours fin de mois, 60 jours. Les factures déjà émises et non encaissées se placent à leur date d’échéance probable, pas à leur date d’échéance théorique.

3. Lister les décaissements fixes

Loyer, assurances, abonnements, honoraires, échéances d’emprunt, salaires nets et cotisations (le 15 du mois suivant pour l’URSSAF, échéances trimestrielles pour les petites entreprises), prélèvements du dirigeant. Ce sont les lignes qui ne bougent pas quel que soit le chiffre d’affaires.

4. Ajouter les décaissements variables

Achats de marchandises et de matières selon le délai fournisseur, sous-traitance, frais de déplacement, commissions, énergie. Ils suivent l’activité avec un décalage.

5. Placer les échéances fiscales

TVA nette à reverser à chaque échéance (mensuelle, trimestrielle ou annuelle avec acomptes), acomptes et solde d’IS (15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre, et solde en mai), CFE (15 décembre, acompte en juin au-delà de 3 000 €), taxes annuelles. Le calendrier complet figure dans calendrier fiscal et social 2027.

6. Intégrer les investissements et les financements

Achats d’immobilisations TTC à leur date de paiement, remboursement du crédit de TVA correspondant deux à trois mois plus tard, déblocage des emprunts, apports en compte courant.

Lire le résultat et agir

Le modèle affiche le solde de fin de mois et signale en rouge les mois négatifs. Un creux à trois mois se traite par les leviers classiques : acomptes clients, relances anticipées (voir retards de paiement : les leviers de recouvrement), décalage d’un achat, négociation d’un délai fournisseur, étalement d’une échéance URSSAF ou fiscale (demandé avant l’échéance, pas après), ligne de trésorerie bancaire, affacturage, apport en compte courant. Un creux structurel (tous les mois négatifs) signale un problème de rentabilité ou de financement du besoin en fonds de roulement, qui relève du prévisionnel complet décrit sur la page business plan et prévisionnel.

Les erreurs à éviter

  • Raisonner hors taxe. La TVA est le premier décaissement oublié.
  • Utiliser les délais de paiement théoriques. Le délai réel est celui constaté sur douze mois.
  • Oublier les cotisations du dirigeant TNS et leurs régularisations de N+1.
  • Placer l’IS l’année où il est calculé : il se paie l’année suivante, par acomptes.
  • Ne pas mettre à jour. Un plan de trésorerie de janvier ne sert plus en mars ; le modèle se met à jour chaque mois avec le réel.
  • Confondre solde bancaire et trésorerie disponible : la TVA collectée et les cotisations à payer ne sont pas à vous.

Ce que fait le cabinet

Le Cabinet Levy & Associés remet ce modèle à ses clients, le remplit avec eux la première fois, et intègre les indicateurs de trésorerie au tableau de bord mensuel du portail, décrit sur la page outils et logiciels. Pour un dossier bancaire complet, la mission de business plan et prévisionnel construit le plan de trésorerie avec le compte de résultat et le plan de financement, selon la trame décrite dans business plan : la trame qui convainc les banques. Les commerces avec leur saisonnalité et les entreprises du bâtiment avec leurs situations de travaux ont des plans de trésorerie particuliers, décrits sur leurs pages. Les autres indicateurs à suivre figurent dans les sept indicateurs à suivre chaque mois.

Ce qu’il faut retenir

Le prévisionnel de trésorerie est le seul document qui dit si l’entreprise pourra payer ses salaires, sa TVA et ses fournisseurs le mois prochain ; le compte de résultat ne le dit pas. Il se construit sur douze mois glissants en six étapes : le solde réel de départ, les encaissements par catégorie de clients selon leur délai réel de paiement, les décaissements fixes, les décaissements variables, les échéances fiscales et sociales à leur date exacte, les investissements et financements. Tout est TTC, et la TVA nette à reverser figure à chaque échéance. Le modèle du cabinet, à télécharger sur cette page, calcule le solde de fin de mois et signale les mois négatifs ; il se met à jour chaque mois en remplaçant le prévu par le réel. Un creux anticipé trois mois à l’avance se finance ; découvert la veille, il se paie en agios et en pénalités. Le cabinet remplit le modèle avec ses clients la première fois et intègre les indicateurs de trésorerie à leur tableau de bord mensuel.

Questions fréquentes

Quelle différence entre résultat et trésorerie ?

Le résultat compare les produits et les charges de l'exercice, à la date de leur facturation, hors TVA et y compris les charges non décaissées (amortissements). La trésorerie enregistre les encaissements et décaissements réels, TTC, à la date où l'argent bouge. Une entreprise rentable peut manquer de trésorerie (clients qui paient tard, stock, investissements) et une entreprise déficitaire peut en avoir (emprunt, décalages).

Sur quelle durée construire le prévisionnel ?

Douze mois glissants, avec une mise à jour mensuelle : chaque mois écoulé est remplacé par le réel et un nouveau mois est ajouté. Pour un dossier bancaire, dix-huit mois sont parfois demandés. Au-delà, les hypothèses deviennent trop incertaines pour une TPE.

Comment estimer les encaissements clients ?

À partir des ventes prévues (ou du carnet de commandes), en appliquant le délai de paiement réel de chaque catégorie de clients : les particuliers paient comptant, les professionnels à 30 ou 45 jours fin de mois, les collectivités à 30 jours après service fait, souvent davantage. Le délai réel se mesure sur les douze derniers mois, pas sur les conditions générales.

Faut-il inclure la TVA ?

Oui, obligatoirement : les encaissements et décaissements sont TTC, et la TVA nette (collectée moins déductible) est reversée à l'échéance de la déclaration. Un plan de trésorerie hors taxe est faux de 15 % à 25 %. Le modèle du cabinet calcule automatiquement la TVA à reverser selon le régime.

Que faire quand le plan montre un mois négatif ?

Agir avant : négocier un acompte ou raccourcir les délais clients, décaler un achat ou un investissement, étaler une échéance fiscale, mobiliser une ligne de découvert ou un affacturage, apporter en compte courant. Un mois négatif anticipé trois mois avant se finance ; découvert la veille, il se paie en agios et en pénalités.

Marie-France Levy

Expert-comptable inscrite au tableau de l'Ordre · Cabinet Levy & Associés, Lyon 6e

Publié le · Mis à jour le

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