Social & paie
Prime de partage de la valeur : les règles 2026 pour une TPE
Par Marie-France Levy, expert-comptable · Publié le · Mis à jour le
En résumé
La prime de partage de la valeur permet à toute entreprise de verser jusqu'à 3 000 € par salarié et par an (6 000 € avec un accord d'intéressement ou de participation), exonérés de cotisations sociales. Depuis 2024, elle est soumise à l'impôt sur le revenu et à la CSG-CRDS, sauf dans les entreprises de moins de 50 salariés pour les salariés gagnant moins de trois SMIC, où l'exonération totale est maintenue jusqu'au 31 décembre 2026, et sauf placement sur un plan d'épargne.
La prime de partage de la valeur, ex-prime Macron, est l'outil le plus simple pour récompenser des salariés sans charges dans une TPE. Ses règles ont changé en 2024 : elle n'est plus totalement exonérée pour tout le monde, mais elle le reste dans les petites entreprises pour les salaires modestes, et elle peut être versée deux fois par an et placée sur un plan d'épargne. Voici les règles applicables au 1er janvier 2026, les conditions et les erreurs à éviter.
Ce qu’est la prime de partage de la valeur
Créée en 2022 pour succéder à la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, la prime de partage de la valeur est une somme que l’employeur peut verser à ses salariés, en plus de leur rémunération, avec un régime social et fiscal favorable. Elle est facultative, ne se substitue à aucun élément de rémunération et se décide chaque année. Elle est ouverte à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, y compris celles qui n’ont qu’un salarié.
Les montants
| Situation de l’entreprise | Plafond par salarié et par an |
|---|---|
| Cas général | 3 000 € |
| Entreprise dotée d’un accord d’intéressement (ou de participation si elle n’y est pas tenue) | 6 000 € |
| Association ou fondation d’intérêt général | 6 000 € |
| Établissement ou service d’aide par le travail | 6 000 € |
L’employeur peut verser deux primes par an (chacune dans la limite des plafonds cumulés), en une ou plusieurs fois, avec au plus un versement par trimestre. Le montant peut être modulé selon cinq critères : rémunération, classification, ancienneté, durée de présence effective, durée de travail contractuelle. Aucun autre critère n’est admis.
Le régime social et fiscal en 2026
| Entreprise et salarié | Cotisations sociales | CSG-CRDS | Impôt sur le revenu |
|---|---|---|---|
| Moins de 50 salariés, rémunération < 3 SMIC, prime versée avant le 31 décembre 2026 | Exonérée | Exonérée | Exonérée |
| Moins de 50 salariés, rémunération ≥ 3 SMIC | Exonérée | Due | Imposable |
| 50 salariés et plus | Exonérée | Due | Imposable |
| Prime placée sur un PEE, PEI ou PER d’entreprise (tous cas) | Exonérée | Due | Exonérée dans la limite des plafonds |
Le forfait social n’est pas dû dans les entreprises de moins de 250 salariés. Pour une TPE lyonnaise, la prime versée à un salarié gagnant moins de trois SMIC est donc intégralement nette, pour l’employeur comme pour le salarié, jusqu’à fin 2026.
Exemple : une boutique de trois salariés
L’employeur décide une prime de 1 000 € pour chacun de ses trois salariés, tous rémunérés sous trois SMIC, par décision unilatérale en novembre, versée en décembre. Coût pour l’entreprise : 3 000 €, déductibles du résultat. Net perçu par chaque salarié : 1 000 €. Une prime classique de 1 000 € net aurait coûté à l’employeur environ 1 800 € à 2 000 € par salarié, cotisations comprises.
La mise en place
- Choisir le mode : accord d’entreprise (ou de groupe) ou décision unilatérale de l’employeur, après consultation du CSE lorsqu’il existe.
- Rédiger la décision : montant, bénéficiaires (éventuellement plafond de rémunération), critères de modulation, date(s) de versement.
- Informer les salariés par tout moyen.
- Verser la prime sur le bulletin, sur une ligne distincte, avec la mention de l’exonération.
- Déclarer en DSN avec le code dédié.
- Proposer le placement sur le plan d’épargne salariale s’il existe, avec un délai de réflexion pour le salarié.
Les erreurs à éviter
- Remplacer une augmentation ou une prime habituelle : requalification en salaire.
- Moduler sur un critère non admis (performance individuelle, objectifs) : perte de l’exonération.
- Exclure des salariés sans plafond de rémunération : la prime doit bénéficier à tous les salariés ou à tous ceux sous un plafond fixé.
- Verser au dirigeant non salarié : exclu du dispositif.
- Dépasser un versement par trimestre ou les plafonds annuels.
- Oublier la DSN avec le bon code : la prime est alors traitée comme un salaire.
La prime et les autres outils
La prime de partage de la valeur se cumule avec l’intéressement, la participation et l’abondement sur un plan d’épargne ; c’est même l’accord d’intéressement qui porte son plafond à 6 000 €. Dans une entreprise de moins de 50 salariés, l’intéressement peut être mis en place par décision unilatérale pour trois ans, et le dirigeant y a droit, ce que ne permet pas la prime, comme l’explique optimiser sa rémunération de dirigeant. Les paramètres de l’année (SMIC, plafond) nécessaires au calcul du seuil de trois SMIC figurent dans les chiffres clés de la paie 2026.
Ce que fait le cabinet
Le Cabinet Levy & Associés vérifie les conditions d’exonération pour chaque salarié, rédige la décision unilatérale, intègre la prime au bulletin et à la DSN et vous conseille sur l’articulation avec l’intéressement et le plan d’épargne. La mission est décrite sur les pages conseil social et RH et gestion de la paie. Les commerces et les PME industrielles, grands utilisateurs de la prime, trouveront un complément sur leurs pages. Et pour le versant inverse de la relation de travail, lisez combien coûte une rupture conventionnelle.
Ce qu’il faut retenir
La prime de partage de la valeur est, pour une entreprise de moins de 50 salariés, le moyen le plus économique de verser un complément de rémunération : jusqu’à 3 000 € par salarié (6 000 € avec un accord d’intéressement), sans cotisations, et sans impôt ni CSG pour les salariés gagnant moins de trois SMIC jusqu’à fin 2026. Elle se décide par une décision unilatérale simple, se module sur cinq critères limitativement énumérés, se verse au plus une fois par trimestre et se déclare en DSN avec son code propre. Elle ne remplace jamais un élément de salaire existant. Un employeur qui verse une prime de fin d’année « comme d’habitude » sous forme de PPV s’expose à la requalification ; un employeur qui l’ajoute à une rémunération inchangée bénéficie pleinement du dispositif. Le cabinet vérifie ces conditions salarié par salarié avant le versement, et vous alerte sur l’évolution du régime au-delà du 31 décembre 2026, dont la prolongation dépend de la prochaine loi de financement de la Sécurité sociale.
Questions fréquentes
Qui peut recevoir la prime de partage de la valeur ?
Tous les salariés liés par un contrat de travail à la date de versement (ou de dépôt de l'accord), les intérimaires mis à disposition, les agents de certains établissements publics et les travailleurs handicapés en ESAT. Les dirigeants non salariés (gérant majoritaire, président sans contrat de travail) en sont exclus. La prime peut être réservée aux salariés dont la rémunération est inférieure à un plafond fixé par l'employeur.
Quels sont les montants maximaux ?
3 000 € par salarié et par année civile, portés à 6 000 € si l'entreprise a un accord d'intéressement (ou de participation pour celles qui n'y sont pas tenues), ou si elle est une association ou fondation d'intérêt général. Le montant peut être modulé selon la rémunération, la classification, l'ancienneté, la durée de présence ou le temps de travail.
Quelle est l'exonération en 2026 ?
Exonération de cotisations sociales dans tous les cas. Exonération d'impôt sur le revenu et de CSG-CRDS uniquement dans les entreprises de moins de 50 salariés, pour les salariés dont la rémunération des douze derniers mois est inférieure à trois SMIC, pour les primes versées jusqu'au 31 décembre 2026. Dans les autres cas, la prime est imposable et soumise à CSG-CRDS, sauf si elle est placée sur un plan d'épargne salariale.
Comment mettre en place la prime ?
Par accord d'entreprise ou de groupe, ou par décision unilatérale de l'employeur après consultation du CSE s'il existe. La décision fixe le montant, les bénéficiaires, les critères de modulation et la date de versement. Elle peut prévoir deux primes par an, versées en une ou plusieurs fois dans la limite d'un versement par trimestre.
La prime peut-elle remplacer une augmentation ?
Non. La prime ne peut se substituer à aucun élément de rémunération existant (salaire, prime conventionnelle ou d'usage, augmentation prévue). Une prime qui remplace une augmentation ou une prime habituelle perd son exonération et est requalifiée en salaire, avec rappel de cotisations.
Marie-France Levy
Expert-comptable inscrite au tableau de l'Ordre · Cabinet Levy & Associés, Lyon 6e
Publié le · Mis à jour le
Dans le même dossier
- Social & paieCombien coûte une rupture conventionnelle à l'employeur ? Le calcul completLire →
- Ressources & outilsChiffres clés de la paie 2026 : SMIC, plafond de la Sécurité sociale, taux et seuilsLire →
- Fiscalité dirigeantOptimiser sa rémunération de dirigeant en 2026 : les huit leviers, dans l'ordreLire →
- Commerces de détail & retailLire →
- Industrie & négoceLire →